05-10-07

Référendum en Ossétie du Sud : Vers l’indépendance ? Vers la réunification ossète ?

http://euro-synergies.hautetfort.com/

SYNERGIES EUROPEENNES – Bruxelles/Berlin/Moscou – Novembre 2006

Robert Steuckers

Les électeurs d’Ossétie du Sud, une région sud-caucasienne qui, d’après l’ONU, appartient officiellement à la Géorgie, se sont clairement prononcés, dimanche dernier, pour l’indépendance de leur pays. D’après les autorités qui ont organisé les élections dans la capitale Tchkinvali, plus de 90% des citoyens sud-ossètes veulent que « la République d’Ossétie du Sud conserve son statut actuel d’indépendance et cherche la reconnaissance de la communauté internationale ». Comme les élections présidentielles avaient lieu en même temps, le russophile et ancien secrétaire des jeunesses communistes (Komsomol), Edouard Kokoity, a été reconduit dans ses fonctions.

En Ossétie du Sud vivent environ 70.000 personnes, pour la plupart des Ossètes, parlant une langue indo-européenne du groupe iranien et de confession chrétienne-orthodoxe, ainsi qu’une petite minorité russe. Quelque 20.000 Géorgiens et des dizaines de milliers de citoyens d’autres nationalités ont quitté le pays après la déclaration d’indépendance en 1990. Ils n’avaient pas le droit de vote, n’étant pas des Ossètes de souche, comme le prévoyait souvent les règles dans l’ancienne Constitution soviétique de 1977, très soucieuse de préserver les nationalités et les spécificités ethniques, après un passé rouge pourtant peu soucieux des reliquats tangibles du passé. La République voisine d’Ossétie du Nord/Alanie fait partie de la Fédération de Russie. Le gouvernement d’Ossétie du Sud cherche bien entendu l’unification avec l’Ossétie du Nord et donc son inclusion dans la Fédération de Russie.

Le Président géorgien Mikhaïl Saakachvili refuse cette solution. Politicien pro-occidental, arrivé au pouvoir grâce à une de ces révolutions artificielles qu’on appelle désormais « révolution orange », en référence à l’Ukraine, Saakachvili menace, tonne, vitupère, tout en sachant qu’il a l’appui des Etats-Unis. Et comme par hasard, l’UE (totalement inféodée à Washington), les Etats-Unis (qui l’eût cru ?), l’ONU et l’OTAN ne reconnaissent pas le référendum comme valide (mais affirment tous être des démocrates patentés !). La Russie de Poutine a demandé à la Géorgie de reconnaître le résultat du référendum.(source : Junge Freiheit, Berlin, n°47/2006).

Commentaires :

- On constate qu’il y a deux poids deux mesures : des hooligans musulmans en Albanie, pour la plupart trafiquants de drogues et proxénètes, chassent et massacrent les Serbes au Kosovo, incendient églises, monastères et bibliothèques contenant des volumes précieux. Pour l’UE, l’ONU, l’OTAN et les Etats-Unis, ils sont des héros, des incarnations lumineuses de la démocratie. Pacifiquement, les Ossètes du Sud organisent un référendum : ils ne sont pas des « démocrates », parce qu’ils sont chrétiens et indo-européens (ce que les Albanais sont aussi, mais soit, leur conversion à l’islam les détachent de leurs voisins, ce qui n’est pas une raison pour commettre des actes inacceptables : ce n’est pas parce que je suis le voisin d’un musulman que je vais aller saccager une mosquée ou un centre culturel islamique, en livrant des volumes aux flammes). Mais il y a pire dans le chef des Ossètes, et dans le contexte international actuel : ils sont russophiles.

- Les identitaires doivent défendre les Ossètes car ils sont les derniers descendants des Alains, un peuple fascinant de l’antiquité, balayé par les Huns, en même temps que les Ostrogoths du Roi Ermanarich, dans la défense de l’Europe sur le Don. Les Alains ont été dispersés dans toute l’Europe, notamment en Espagne du Nord, qu’ils ont défendue contre les Maures, et au Pays de Galles, où de l’aveu même d’officiers britanniques et polonais historiens militaires, ils ont donné naissance, avec des éléments sarmates, au Cycle arthurien, et, partant, au meilleur de notre littérature médiévale. L’académicien français Georges Dumézil était un spécialiste de la langue et de la culture ossètes. Il nous a fourni des traductions de textes issus du patrimoine légendaire et mythologique de l’Ossétie. Sur base de ce patrimoine, il a pu reconstituer ce qu’il appelait l’idéologie trifonctionnelle des peuples indo-européens. L’Ossétie est donc le résidu sublime de notre mémoire la plus ancienne et la plus intacte. Voilà pourquoi il faut la défendre bec et ongles contre la barbarie wahhabite venue de Tchétchénie et contre l’occidentalisation qui la menace, vu l’inféodation de la Géorgie de Saakachvili à l’américanosphère.

- Les identitaires doivent défendre les Ossètes parce qu’ils montent la garde au Sud du Caucase et empêchent les Turcs et les Américains d’y prendre totalement pied et d’annuler, par ce fait même, le résultat historique de la reconquête russe (et donc européenne) de cette terre longtemps sous la férule hunnique, tatar ou ottomane.

- Les identitaires doivent se souvenir du martyr des enfants ossètes de Beslan en septembre 2004, massacrés par des terroristes wahhabites tchétchènes appuyés par les Etats-Unis et par la Turquie et financés par l’Arabie Saoudite. Une fois de plus, on constate deux poids, deux mesures, comme dans le cas kosovar : depuis plus de quinze ans, les Tchétchènes peuvent attaquer des hôpitaux, massacrer des malades et des médecins, égorger des infirmières, plastiquer des immeubles de rapport à Moscou, placer des bombes dans le métro, attaquer des théâtres et massacrer des écoliers : ils sont posés comme des martyrs de la démocratie, des victimes de l’intolérance. Les Ossètes organisent pacifiquement un référendum : on va bientôt les traiter de « fascistes ». Ce jeu médiatique est une honte. Il doit cesser. Il faut combattre cette désinformation. Comme il faut combattre toutes les manipulations médiatiques.

17:35 Gepost door gepost door Kris Roman in Geopolitica français | Permalink | Commentaren (0) |  Facebook |

De commentaren zijn gesloten.